Trouver sa juste place

LotusParmi les croyances limitatives assez répandues, qui freinent beaucoup de personnes à se réaliser, il en existe une bien ancrée et répandue : « Je ne trouve pas ma place ».

Les signes que l’on ne trouve pas sa place

 

Vous arrive-t-il régulièrement de ne pas trouver un emplacement de parking disponible, ou du moins celui qui vous permette de ne pas marcher un kilomètre avant d’atteindre votre point de destination ?

Quand vous attendez à la caisse du supermarché, avez-vous systématiquement l’impression de vous trouver dans la mauvaise file, vous savez, celle où la cliente devant vous a oublié de peser ses raisins (cela m’est déjà arrivé aussi), ou bien celle marquée par la lenteur d’une caisse où œuvre un étudiant débutant ?

Lorsque vous allez assister à un spectacle ou une conférence, avez-vous parfois du mal à trouver « la » bonne place, pas celle où l’on a décidé de planter un poteau devant vous, ou celle juste derrière le grand monsieur qui vous cache toute la vue ?

Ou encore : vous ne tenez pas en place ; il vous est difficile de conserver votre place (votre emploi) ; vous avez droit à une toute petite place au bureau, ou bien votre espace de travail est très réduit ; vous vous mettez toujours à la place des autres – au propre comme au figuré – et vous vous oubliez, ou bien, à l’inverse, vous n’arrivez pas à vous mettre à leur place, etc.

Le plus pénible est encore lorsque l’on a vraiment l’impression de ne pas trouver sa place dans la vie, ou de ne pas être à la bonne place. On a alors le sentiment d’être de trop, de déranger. On se fait tout petit, presqu’invisible. On se cache derrière les autres, on se met en retrait du monde. On ne veut pas être vu, et on ne veut pas voir non plus. On ne se donne pas le droit d’exister …

D’où vient cette croyance ?

 

L’enfant développe ses croyances limitatives très tôt, au fur et à mesure de ses interactions avec son entourage, à commencer par celles avec ses parents et ses frères et sœurs.

Le sentiment de ne pas exister, de ne pas trouver sa place dans le monde peut provenir de la place que l’enfant avait dans la fratrie, où il existe souvent une concurrence intense. Il a été constaté que ce sont les enfants du milieu qui auraient le plus de mal à trouver leur juste place.

Tout dépend du regard des parents et de leur attitude à l’égard de l’enfant. Il a pu avoir un parent trop tolérant qui ne lui a pas appris à poser ses limites, ou au contraire qui lui a imposé trop de restrictions, qui l’a enfermé dans un périmètre clos, l’empêchant de tester et de dépasser ses limites, et par conséquent de s’épanouir librement.

Aussi, à des degrés divers, et pour des raisons variées, l’enfant a pu se sentir rejeté par un de ses parents, avec pour conséquence de ne pas s’être senti aimé. Cela a créé en lui une blessure de rejet, la plus répandue des blessures émotionnelles que nous portons en nous.

Il s’est alors construit un masque, une personnalité de survie pour se protéger, en l’occurrence le masque du « fuyant ». Pour ne pas revivre à nouveau ce rejet, et souffrir du manque d’amour, il préférera se mettre à l’écart, fuir dans son monde secret, jusqu’à sembler indifférent. En réalité, il est dans un cercle vicieux : il se rejette, rejette les autres et se fait rejeter. Il finit par s’isoler, tout en se plaignant de ne pas trouver sa place dans le monde.

Place ou espace

 

J’ai souvent présentes à l’esprit mes séances de yoga, où, lorsque nous sommes allongés sur le sol dans une posture de relaxation, notre professeur nous insuffle : « n’ayez pas peur de prendre de la place, votre place, chacun a droit à prendre sa place ».

Si vous observez la nature, chaque herbe, chaque plante, même sauvage, arrive à se frayer un chemin et à trouver sa place, même dans le plus petit interstice. La nature a horreur du vide et chaque coin de terre, même le plus petit, est propice à la naissance et à la prolifération de végétaux de toutes sortes, les uns cohabitant avec les autres, dans la meilleure harmonie possible. Bien sûr, il existe des plantes envahissantes qui ne laissent pas beaucoup de place aux autres, allant même jusqu’à les étouffer.

Avoir sa place c’est aussi avoir son espace. Tout comme l’animal défend son territoire, l’être humain a droit à son espace vital. Il est vital de se créer et de protéger son espace, qu’il soit physique, mental ou émotionnel. A un certain moment de ma vie, je me suis sentie complètement envahie dans mon espace physique, ce qui avait des répercussions sur mon espace mental et émotionnel. Je n’arrivais plus à réfléchir calmement, à faire mes propres choix, à décider par moi-même, à m’écouter et à me détendre. Je me sentais étouffée. J’ai dû mettre en « place » des limites, des barrières. Il est parfois nécessaire de mettre de la distance pour pouvoir évoluer et s’épanouir librement. Cependant, il ne s’agit pas de se fermer complètement, mais de trouver un juste milieu entre se respecter et se faire respecter, un équilibre entre l’ouverture et la fermeture.

La voie de guérison

 

  • Commencez par vous écouter, écoutez les messages de votre corps, ce que vos émotions vous disent à propos de vous.
  • Ouvrez-vous aux autres, et pratiquez une véritable écoute bienveillante envers l’autre ainsi qu’envers vous-mêmes.
  • Apprenez à respecter et à faire respecter votre espace, sous peine de vous laisser envahir et de vous sentir étouffé.
  • Apprenez à respecter l’espace de l’autre, en arrêtant de vouloir le contrôler ou le faire changer. Apprenez à vivre et laisser vivre.
  • Osez faire vos demandes, sans vous imposer. Faire part de ses besoins n’est pas de l’égoïsme mais de la bienveillance envers soi. Sortez de la culpabilité à vouloir défendre votre espace.

Lorsque le « fuyant » prend de plus en plus sa place, ose s’affirmer et ce, même si une autre personne semble oublier qu’il existe et qu’il peut quand même être bien dans sa peau, il est sur la voie de la guérison.

Si, à un moment donné, vous constatez qu’une place se libère chaque fois que vous cherchez à garer votre voiture, qu’une caisse du supermarché s’ouvre devant vous juste au moment où vous arrivez, que vous tombez sur la meilleure place dans une salle de spectacle, alors vous pouvez prétendre sans aucun doute que vous êtes sur le bon chemin de la guérison.

Lorsque j’ai rejoint le groupe de théâtre amateur de ma commune, j’ai compris que nous avions chacun notre place sur scène et un rôle à jouer, comme dans la vie.

Bien sûr, dans la vie, il ne s’agit pas, comme au théâtre, de « jouer » un rôle, dans le sens de faire semblant, mais bien de tenir un rôle sur la scène du monde, dans notre authenticité. Chaque personne étant unique, peut trouver sa juste place sur la terre et ainsi contribuer à la danse de la vie la plus harmonieuse possible.

Petite astuce utile

 

Dans le domaine du langage non verbal, il existe une série de postures que nous pouvons adopter, et qui témoignent de notre aptitude à prendre notre place. Lorsqu’on stresse, on a tendance à se recroqueviller, à se faire tout petit, voire à se cacher. Par contre, lorsqu’on se sent bien, on a tendance à prendre de la place, à adopter des gestes d’ouverture. Le processus inverse est également valable : adopter une posture gagnante apaise et augmente la confiance en soi. Voici quelques exemples de postures de prise d’espace :

  • La posture Akimbo : position dominante, de prise de territoire, surtout adoptée chez les hommes et les personnes autoritaires : debout, posez les deux mains sur les hanches, jambes légèrement écartées (la posture inverse, dite de fermeture, étant les bras croisés sur l’abdomen).
  • Posture de prise d’espace et de bien-être : assis sur un fauteuil, prenez l’accoudoir, prenez de l’espace avec votre bras, au lieu de vous recroqueviller sur vous-même. Mais n’empiétez pas sur l’espace de l’autre !
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One thought on “Trouver sa juste place

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