LA JOIE, L’ANTIDOTE DE LA PEUR

L’onde de choc émotionnel

Dans mon article du  6 janvier dernier : « Faire perdurer la magie de Noël », je dépeignais la morosité des débuts d’année, et aussi ses bonnes résolutions ainsi que notre possibilité à réactiver la magie de Noël pour réaliser nos rêves.

Lorsque j’ai écrit cet article, j’étais à mille lieues d’imaginer que le réveil brutal à la réalité que j’évoquais allait, le lendemain même, prendre son sens le plus effroyable dans l’actualité, au point de mobiliser une nation entière ainsi que plusieurs responsables politiques de la scène internationale.

S’en est suivie une onde de choc émotionnel touchant des millions de personnes, de multiples débats soutenus continuent d’attiser les différentes sensibilités, et des mesures sont prises visant à renforcer la sécurité des citoyens.

D’où viennent nos peurs ?

Car il s’agit bien de cela : le monde ne se sent plus en sécurité, la peur tente à dominer, et c’est précisément de cette peur que naît la souffrance du monde, et qu’il faut combattre.

La peur est devenue notre émotion par défaut, autant à l’échelle individuelle que collective.  Peur de la mort, peur de perdre, peur de manquer, d’argent, d’amour, de reconnaissance, etc.  Derrière chaque peur, il y a un désir, un besoin.

C’est l’émotion négative la plus puissante et la plus destructrice.  Autant à l’échelle individuelle que collective, c’est la peur qui crée nos souffrances et nos blessures. Celles-ci forgent nos croyances, sur nous-mêmes, sur le monde, un conditionnement d’où naissent nos auto-sabotages et une violence dirigée contre nous ou autrui.

Il y a encore tant de souffrances et de violence sur la Terre parce que nous n’avons pas encore appris à nous aimer vraiment.  Et cela commence avec nous-même !  L’extérieur est le reflet de l’intérieur.  La guerre représente les conflits qui sont présents à l’intérieur de nous, ou plutôt le manque de paix intérieure.

Quel est le meilleur antidote de la peur ?

Il est incontestable que la meilleure réponse à la haine soit l’Amour.  Pas n’importe quel amour.  Je parle ici de l’amour inconditionnel, ce subtil mélange d’empathie, de bienveillance mais aussi de pardon, d’altruisme, de solidarité et de don de soi.

Mais sommes-nous suffisamment nombreux à être traversés par cette belle énergie d’Amour pour contrebalancer les effets dévastateurs de la peur ?

Si l’amour est l’énergie de vie, nous ne pouvons pas ressentir l’énergie au même titre qu’un sentiment.   Alors quelle est l’émotion aussi puissante et opposée à la peur, qui peut constituer son antidote ?  La réponse à la peur est la Joie.

La Joie comme antidote Clown

Un nouveau-né possède en lui un immense réservoir d’amour, une énergie qui le pousse vers le désir de vivre à tout prix, un instinct de survie qui le pousse à grandir et à découvrir le monde.  Très vite, le bébé va afficher de beaux sourires aux personnes qui l’entourent.  Je suis toujours amusée de les voir rire de si bon cœur.  Le rire est le propre de l’homme, et la joie est notre vraie nature.  Il suffit d’observer des enfants en pleine activité dans les cours de récréation ou autres terrains de jeux pour percevoir en eux cette joie innée.

A sa naissance, le petit d’homme ne connait pas la peur.  Celle-ci va apparaitre progressivement au fur et à mesure qu’il sera confronté à la frustration de ne pas voir toutes ses demandes aboutir.  Mais je pense que ce ne sont pas les seules contrariétés extérieures qui ont rendu possible la domination de la peur et des autres émotions sociales qui en découlent, sur l’émotion de la joie.

En devenant adultes, nous avons désappris la joie.  Elle est devenue une émotion presque taboue aux yeux de la société.  La vie devient sérieuse, aller à l’école, étudier, c’est du sérieux.  Travailler, c’est sérieux, pas question de s’épancher en fous rires en public, on nous prendrait pour des fous !

Pour diverses raisons, nous avons petit à petit réprimé nos émotions, dont l’expression est souvent mal perçue par le politiquement correct.  Et dans la foulée, nous avons surtout réprimé l’expression de la joie qui est pourtant notre véritable nature.

Le rire devenu tabou ne peut plus, la plupart du temps, s’exprimer qu’en privé, ou cantonné lors d’évènements particuliers comme lorsqu’on assiste à un film comique ou à un spectacle humoristique.  Regardez toutes les séquences coupées lors d’émissions télévisées qui se retrouvent dans les bêtisiers de fin d’année …

Devant ce constat d’un monde et des adultes qui le composent devenus sinistrement sérieux, on peut se demander qui de l’œuf ou de la poule était là en premier ?  Je veux dire, sont-ce les conjonctures extérieures qui étouffent la joie et la capacité à ressentir le bonheur, ou plutôt l’étouffement de la joie en nous qui crée les évènements désastreux que nous connaissons ?

Alors, réapprenons à ressentir de la joie, créons-nous le plus souvent possible des occasions de rire, cultivons la joie sur tous les terrains, récoltons ses fruits et délectons-nous.

En l’occurrence, je rends hommage à tous les humoristes, acteurs comiques, artistes et autres caricaturistes qui savent – ou qui ont su – envers et contre tout, conserver leur authenticité et rester connectés à leur enfant intérieur libre et créateur, exempts des émotions destructrices de haine et de colère, et libérés de toute emprise de pouvoir dominateur.

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