Comment faire face à une critique ?

Critique, honteS’il y a bien une chose qui soit difficile à accepter pour beaucoup d’entre nous, c’est de recevoir une critique.

On a beau se dire qu’elle est constructive la plupart du temps, il n’en reste pas moins que, sur le moment, elle fait naitre en nous une émotion.  Cela peut aller d’une simple incompréhension à un violent accès de colère, déclenchant un comportement passif ou agressif, et causant au passage des atteintes plus ou moins fortes à notre égo blessé.

Il y a deux formes de critique :

  • la critique inconditionnelle : elle porte un avis ou une opinion sur notre personne, comme : « tu es irrespectueux » ; « tu es égoïste » …
  • la critique conditionnelle : elle porte sur un comportement, un fait, une attitude, un acte ; elle est réelle, observable, discutable et ne porte pas préjudice à notre identité.  Exemple : « ton travail n’est pas correct » ; « ta tenue n’est pas acceptable ».

La critique inconditionnelle, celle qui porte sur notre personne, est la plus difficile à accepter.

Notre « moi » se sent soudainement attaqué injustement, incompris, rabaissé, humilié, dévalorisé.  Cela prend d’autant plus d’ampleur si la critique est faite en public !

Que se passe-t-il lorsqu’on reçoit une critique ?

Bien entendu, nous percevons souvent les critiques comme injustifiées. Lorsque nous en contestons le bien-fondé, trois réactions automatiques sont possibles, en fonction de notre niveau d’estime de soi, comme à chaque fois qu’on se sent attaqué :

  • la peur, qui nous pousse à la fuite, à sortir du duel, à quitter la pièce pour éviter tout conflit ;
  • la tristesse, qui nous force à la résignation ; on encaisse sans rien dire, quitte à faire encore un peu plus baisser l’estime de soi en venant confirmer l’image négative que l’on a de soi ;
  • la colère, qui nous incite à nous défendre, à nous justifier, à invectiver le débat, débouchant alors sur le conflit. Notre niveau d’estime de soi est si haut que nous refusons de nous remettre en question.

Que se passe-t-il en vous lorsque vous recevez une critique ? Observez quelle est votre réaction, quelle sensation physique cela génère en vous ?  Quelle pensée ou croyance vous traverse ?  A quel évènement passé vous ramène-t-elle ?

Lorsque nous réagissons à une critique comme une atteinte personnelle, c’est :

  • soit parce que cela vient toucher quelque chose au fond de nous, une blessure non guérie ;
  • soit parce qu’elle vient ébranler une croyance que nous soutenons depuis longtemps;
  • soit parce que nous sommes tellement ancrés sur nos positions qu’il nous est impossible de fléchir à l’opinion de la personne en face de nous.

D’autres façons de répondre

Il existe d’autres moyens de répondre à une critique, de manière assertive, dans le respect mutuel. Elles ont le mérite d’augmenter notre niveau d’estime de soi.

Lorsqu’une critique est fondée, peut-être est-ce alors l’occasion de se remettre en question, de faire preuve d’humilité et de revoir nos certitudes. Nous éviterons alors de reproduire les mêmes erreurs dans le futur.

  • Ecouter mot à mot sans interrompre l’émetteur
  • Ne pas porter de jugement
  • Vérifier l’information
  • Accepter la critique lorsqu’elle est positive
  • Trouver si possible des solutions
  • Terminer avec empathie et positivement

Lorsqu’une critique est infondée, il suffit de rétablir la simple vérité.

  • Se centrer, respirer sans soupirer
  • Demander à la personne ce qui lui fait dire cela, demandez-lui de se justifier
  • Etre conscient que ce que la personne nous exprime parle en fait d’elle-même
  • S’exercer à l’empathie en essayant de comprendre l’autre quand il nous dit des choses difficiles à entendre : tenter de détecter ses sentiments et besoins dissimulés derrière ses paroles

Dans la pratique de l’empathie, vous ne pourrez plus prendre quoi que ce soit contre vous.  Cette attitude constitue donc un moyen très puissant pour devenir zen quand on vous attaque.

Cette pratique de l’empathie est à exercer également sur soi.  Lorsque vous émettez vous-même une critique, revenez en votre centre, et demandez-vous si le jugement que vous portez à l’égard d’une personne ou d’une situation ne fait pas écho à un jugement que vous portez sur vous-même.

On peut ainsi se surprendre à être trop dur envers soi, ou se rendre compte qu’une blessure n’est pas résolue, qu’il y a une part de nous qui n’est pas écoutée, reconnue.  Ce que l’on reproche à l’autre est alors une projection de ce qu’on reproche à une part de nous-même que nous ne voulons pas reconnaître, que nous avons enfouie en nous, et qui demande à être écoutée.

Lorsque nous parvenons à ne plus nous critiquer nous-même, à être en totale acceptation de qui nous sommes, nous arrivons à nous libérer de nos blessures et par conséquent de nos auto-sabotages.  Dès lors, nous nous plaçons dans une attitude qui permet de ne plus attirer constamment à nous des personnes qui vont nous juger, ou des situations « critiquables ».

Evidemment, on ne peut pas plaire à tout le monde, et il y aura toujours des personnes qui vont nous critiquer, qui ne seront pas en phase avec ce que nous pensons ou faisons.  La meilleure attitude est de lâcher prise là-dessus, de ne pas se focaliser et d’être conscient que chaque réaction appartient à la personne qui l’émet !

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4 thoughts on “Comment faire face à une critique ?

  1. je suis heureux de te lire c est toujours plaisant d etre conseiller par d autres pensées positive que les siennes merci et gros bisous!

    • Merci à toi 🙂 je suis heureuse moi aussi de proposer des attitudes positives pour un monde meilleur ! pas toujours faciles à appliquer, je sais, mais si chacun fait ce petit effort, chacun est gagnant 😉 je t’embrasse

  2. Bonjour Patricia,

    Votre article est plein de sagesse, et de finesse, de même de d’empathie. Il se lit dans une réelle simplicité.

    J’ai été heureuse de le lire, et de suivre les différents éléments concernant la critique, cela m’a fait vraiment du bien, dans la mesure où j’ai tendance à prendre de façon trop personnelle les critiques ainsi que la charge de violence qu’elles contiennent.
    Par exemple, des critiques qui me blessent: « Tu n’écoutes pas », « Vous refusez d’entendre ce que les autres ont à dire », « Tu es trop individualiste », « Trop égocentrique », « Tu fais toujours les mêmes erreurs », « Tu n’y arriveras pas, etc… » etc… alors que je fais ce que je peux pour écouter les autres et pour agir… que dois-je penser lorsque les autres me reprochent de telles situations? J’ai beaucoup de mal à les interroger sur le bien-fondé de leur critique « très souvent ils me répondent « Tu ne vois pas ou quoi? c’est tellement évident. » Une autre critique blessante: « Cela c’est le cerveau qui le fait. Si on te mettait un cerveau de singe ce serait aussi nul » Je précise que je n’ai pas réussi à demander des explications à ce type de critiques.
    Sont-elles gratuites?

    Je suis bien consciente que je me confie, au risque de vous ennuyer, mais je voulais savoir si ce type de critique est vraie ou si elle est révélatrice d’un problème chez celui qui l’envoie. Comment savoir alors si l’autre est de bonne foi, ou s’il envoie la critique en tant que reflet de son intérieur? En tout cas, je sens que j’ai du mal à gérer la critique, et c’est pour cela que votre article me semble constructif, dans la mesure où vous distinguez la critique inconditionnelle et la critique conditionnelle.

    Je vous embrasse très fort, Patricia et vous remercie encore pour votre texte,

    Merci à vous,

    M.

    • Bonjour Lili,

      Je suis très touchée par votre commentaire et heureuse si cet article a pu vous aider.

      Pour répondre à votre question concernant les critiques qui vous blessent, et si elles sont révélatrices de ce que les autres croient sur elles-mêmes, cela peut en effet être une projection inconsciente de ce qu’elles refusent de voir en elles.

      Une autre piste à suivre serait un questionnement inverse. Je m’explique : si vous faites face à des critiques récurrentes, comme celles que j’ai relevées : « Tu n’écoutes pas » ou « Vous refusez d’entendre ce que les autres ont à dire », malgré que vous faites ce que vous pouvez pour écouter les autres et pour agir. Et vous le faites, j’en suis sûre. Demandez-vous alors : « est-ce que je m’écoute suffisamment ? »; « quelle est la partie de moi qui veut se faire entendre et que je n’écoute pas ? ».
      Cela est souvent révélateur d’un conflit interne, une opposition entre ce qu’une partie de moi veut, et une autre partie ne veut pas.

      Vous voyez, face à certaines critiques des autres qui ne semblent pas justifiées, et qui se répètent, il y a peut-être quelque chose à aller voir à l’intérieur de soi. Tout arrive pour une raison, n’est-ce pas ? Et la plus importante en est une meilleure connaissance de soi et une mise en lumière de nos parts d’ombre. Et rappelez-vous, l’estime de soi passe par l’amour inconditionnel de soi.

      Je vous envoie beaucoup de lumière et d’amour.

      Patricia

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